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L’Histoire

La notion de prāṇa est courante dans la littérature de l’Inde ancienne, comme principe essentiel sous jacent à toute forme de vie et aussi comme symbole le plus commun de l’unité de l’univers.

Dans les premières Upaniṣad, ātman et prāṇa sont étroitement associés : tous deux renvoient d’abord au souffle vital, humain et cosmique. Puis la notion d’ātman s’approfondit progressivement pour désigner l’essence la plus intime de l’être, non plus comme vie ou respiration, mais comme principe de conscience.

Les pratiques de prāṇāyāma accompagnent fréquemment les rites matinaux de la tradition hindoue, qu’il s’agisse de célébration du soleil ou d’offrandes au feu sacré. Le souffle (prāṇa) y apparaît comme un médiateur entre l’individu et le cosmos. Le prāṇāyāma peut alors être compris comme un travail d’expansion et d’affinement du prāṇa, permettant d’accorder la vie individuelle aux grandes forces qui soutiennent et ordonnent le monde.

Le sens du mot prāṇāyāma et les pratiques qui en découlent a varié selon les périodes.

Il peut être :
– le cheminement du prāṇa vers sa source, avec ces anciens rituels, et les pratiques mentales et respiratoires associées.
– la synchronisation du prāṇa « personnel » avec le prāṇa universel, avec la maitrise des fonctions physiologiques, associée d’autres pratiques (concentrations, Mantra..) et des variations du rythme respiratoire.
– l’immobilisation du prāṇa, et l’exploration d’un état qui transcende les mouvements respiratoires :
« Plus de souffle du tout, le Yogi vogue dans la conscience sur les ailes de l’oiseau migrateur cosmique (Hamsa) ».

La Méthode

Le prāṇāyāma est un art de la sensibilité qui engage les sens, l’attention corporelle et le discernement des expériences vécues. Il s’appuie sur une vision et une conception du corps comme une réalité vivante en relation constante avec le  psychisme et le monde qui l’entoure.

Selon les Yoga Sutra de Patañjali, la pratique du prāṇāyāma réduit l’activité mentale, les mouvements émotionnels, et régule les activités organiques…… Et le pratiquant devient apte aux pratiques méditatives.

Chaque tradition de Yoga possède des styles de Prânâyâma spécifiques.

Les Yoga Sutra exposent des principes de pratiques simples pouvant être combinés à l’infini.

Qu’il s’agisse des mouvements respiratoires ou/et de la circulation des Prāṇā, ces pratiques commencent par une observation, paridrsṭo, c’est à dire en premier temps la conscience (et la connaissance) des mouvements : les 3 temps de la respiration. Ils seront examinés dans leur localisation, deśa, c’est à dire le champ d’action de tel ou tel souffle, le rythme et les durées, kāla, déterminées en quantités d’instant et leur nombre, samkhyā, c’est à dire le temps de pratique. Ces paramètres (localisation, durée, nombre) pourront alors être prolongés et rendus subtils : dīrgha : long dans le temps et dans l’espace, allonger, approfondir, allant loin, dilater ; sūkśmaḥ : subtil, exquis, doux, fin, aigu, précis

La localisation :
La respiration se fera par 2 narines, ou 1 narine, ou en alternant les narines, ou par la bouche. Cela comprends aussi la distance à laquelle le souffle (prāṇā) est projeté et le « circuit » qu’il emprunte dans le corps ou les points sur lesquels il y a concentration.

La durée, le nombre, le rythme :
Les durées des trois mouvements de la respiration (inspire, expire et suspension) peuvent être égales, ou inégales. Par exemple 1 temps d’inspiration, 4 temps de suspension poumons pleins et 2 temps d’expiration et 8 temps de suspension après l’expire. C’est un rythme de base qui pourra être allongé.

Explications des bases du prāṇāyāma dans les articles du journal (théorie des pratiques)

Les Cours

Les cours de prāṇāyāma sont surtout des espaces d’exploration personnelle.

La discipline du prāṇāyāma est dépourvue d’ambition et dénuée de toute intention de performance. Juste gouter, écouter, sentir, palper les mouvements de la vie, et jouer…

Il est conseillé de se sentir capable de rester en assise (relativement) immobile, pendant au moins 1/4 h, pour venir à cette pratique.

Nous commencerons par prendre un temps pour s’installer dans l’assise : l’essentiel est de permettre au corps d’être à l’aise, de conserver un léger dynamisme, et d’être disponible.

Puis l’attention sera orientée vers les mouvements profonds et subtils liés aux phases de la respiration dans les divers espaces corporels.

Quelques instructions simples sont proposées et ensuite chacun, pour s’exercer et s’ouvrir aux techniques mentionnées plus haut.

La combinaison de ces techniques nous emmènera vers des prāṇāyāma classiques comme Nadi Sodhana, la respiration alternée, Kapalabhati, l’expire forcé, divers rythmes d’inspire, d’expire et de suspension….

Trouver un cours

Mircéa Eliade a dit que le prāṇāyāma est « une entrée calme et lucide dans l’essence même de la vie ».
Cela évoque effectivement pour moi, ces moments où concentration et disponibilité étant établies, chaque mouvement respiratoire ouvre des perspective nouvelles et inattendues.

Annick