L'Ashtanga Vinyasa Yoga se présente sous forme de séries, qui vont, de façon évolutive, aborder des postures spécifiques, ordonnées de manière précise. Tel Asana va préparer, compléter ou compenser les effets des autres. Le tout forme une suite logique et un ensemble intelligent. Chaque série a sa spécificité, son but, son ambiance, son énergie particulière.
Un cours ou une pratique d'Ashtanga Vinyasa yoga commence et finit avec un mantra.
Le mantra d'ouverture permet de dédier ce moment. Il remercie tous ceux qui nous ont précédés et qui ont permis la transmission du yoga. Il évoque et rend hommage à Patanjali, auteur des yoga sutra.
Le mantra de clôture est un chant pour la paix dans lequel le pratiquant offre sa pratique pour la paix dans le monde, et souhaite prospérité et bonheur à toutes les créatures du monde.
"Namaskarapriya suryah"
Namaskara est le bien aimé du soleil
Sûrya : soleil, Namaskâra : salutation
En Inde, Surya est l'incarnation céleste de Agni, « la porte du chemin des dieux ». Agni, le feu sacré, est considéré dans sa dimension cosmique comme le métabolisme de l'univers à l'origine des changements, et au niveau humain, la lumière qui guide. Agni sur le plan mental est la source de la méditation, porte ouverte sur l'intelligence, qui permet de discerner le vrai du faux, le réel de l'irréel, le Soi du non-soi.
Sûryanamaskâra représente ainsi la démarche générale du Yoga, qui illumine la vie du pratiquant.
Cette salutation actualise aussi le cycle de la vie, de la naissance à la mort.
A chaque Sûryanamaskâra, chacun peut observer sa propre vie avec plus de clarté, et aussi prendre conscience de participer à un cycle plus grand que sa personne.
Il existe autant de manière de pratiquer Sûryanamaskâra qu’il y a de yogi sous le soleil.
K. Pattabhi Jois en choisissant cette forme particulière met l’accent sur une certaine vision des relations de l’homme à l’univers.
Dans le Yoga Mala, la méthode de réalisation de Sûrya Namaskâra est scrupuleusement décrite. Des éléments précisés dans le Yoga Mala, permettent à la pratique de ces salutations au soleil, de s'établir dans toutes leurs dimensions :
- Vinyasa : état superposés de mouvements psychiques, sensoriels, respiratoires et corporels,
- Rechaka : expire, rayonnement, vidage, Puruka : inspire, ouverture, remplissage,
- Dhyana : orientation de l'intention
- Dhristi : focalisation de l'attention,
- Bandha : éveil conscient et sensibles d'espaces internes.
Pratiquer Sûryanamaskâra selon les règles, c'est entrer en toute conscience dans le cycle de la vie.
La salutation au soleil accomplit une révolution physique et spirituelle grâce à laquelle, la conscience élargie, les sens affinés, l’homme pourra percevoir l’énergie cosmique, l’arrière plan qui l’anime.
Elle est composée d'environ 70 asanas. Elle vise à purifier le corps physique, le rééquilibrer et le prémunir contre les maladies. Elle est aussi censée débloquer les granthi, les nœuds émotionnels ou (et) psychiques.
Elle met de la conscience et de la vitalité dans l'arrière du corps, offrant ainsi la possibilité de dévoiler des « zones d’ombre».
Cette série favorise l’endurance, améliore l’équilibre et crée de la légèreté dans le corps.
Pratiquer plusieurs fois les deux formes de Sûryanamaskâra.
Sûryanamaskâra A se fait 3 à 8 fois, Sûryanamaskâra B, 3 à 8 fois.
Puis effectuer les postures debout communes à toutes les séries.
Le temps d'immobilité consacré à chaque posture est de 5 respiration minimum.
Entre chaque posture, revenir grâce à un saut en Samasthitti.
Enchainer avec la séquence des postures assises.
Il est expressément recommandé d’effectuer un Vinyasa entre chaque posture et chaque coté des postures asymétriques. Le temps d'immobilité consacré à chaque posture est de 5 respirations minimum.
Les Nadi sont les trajets que suit le flux vital dans le corps. Śodhana signifie : nettoyage, purification.
Cette série est abordée quand la première série a été longuement pratiquée.
Traditionnellement les postures sont ajoutées, les unes après les autres, au fil des jours, après la réalisation de la première série (juste avant les postures de fin).
Il est inutile de vouloir se lancer dans cette série avant d’être « à l’aise » dans la plupart des postures de la première série. Il n’en résulterait que frustration ou blessures...
Cette série ouvre des canaux énergétiques (nadi), pour favoriser la circulation des flux vitaux (Prâna), et clarifie le système nerveux qui est une des manifestations du Prâna dans le corps. La première et la seconde série forment un tout cohérent et complet.
Pratiquer plusieurs fois les deux formes de Sûryanamaskâra.
Sûryanamaskâra A se fait 3 à 8 fois, Sûryanamaskâra B, 3 à 8 fois.
Puis effectuer les postures debout communes à toutes les séries.
Le temps d'immobilité consacré à chaque posture est de 5 respiration minimum.
Entre chaque posture, revenir grâce à un saut en Samasthitti.
Il est expressément recommandé d’effectuer un Vinyasa complet entre chaque posture et un demi Vinyasa entre chaque coté des postures asymétriques.
Le temps d'immobilité consacré à chaque posture est de 5 respiration minimum.
Sthira signifie force, immobilité, stabilité, constante. Bhaga est le Dieu, chargé de la juste répartition des richesses, de la puissance et de la force, mais il est aveugle…
Le nom de cette série se traduit par sublime sérénité, stabilité divine, la Force de Paix, etc.
Cette série complète les deux premières, par un rééquilibrage du système nerveux central.
Il est recommandé de pratiquer et d'être à l'aise les deux séries précédentes avant d'explorer celle ci.
Elle est basée sur la puissance, l’équilibre et la souplesse. Sri K. Pattabhi Jois dit qu'elle « nettoie le cerveau ». Elle finalise la préparation du corps et du mental au travail du Pranayama grâce à son potentiel de « déconditionnement. » Elle allie la puissance et la grâce.
Pratiquer plusieurs fois les deux formes de Sûryanamaskâra.
Sûryanamaskâra A se fait 3 à 8 fois, Sûryanamaskâra B, 3 à 8 fois.
Puis effectuer les postures debout communes à toutes les séries.
Le temps d'immobilité consacré à chaque posture est de 5 respiration minimum.
Entre chaque posture, revenir grâce à un saut en Samasthitti.
Cette série dite avancée, présente des équilibres sur les mains et des postures complexes et acrobatiques qui vont bousculer les schémas corporels cérébraux.
Il est expressément recommandé d’effectuer un Vinyasa entre chaque posture et chaque coté des postures asymétriques.
Le temps d'immobilité consacré à chaque posture est de 5 respiration minimum.
R. Sharath Jois (29 septembre 1971 – 12 novembre 2024) est le petit fils de Pattabhi Jois qui a repris le flambeau de l’Ashtanga Vinyāsa Yoga à Mysore en 2009 dans la Shala crée par son grand père.
R. Sharath Jois, peu de temps avant son décès, a écris un dernier livre : « The active série » édition Broché.
Présentation du livre de Sharath
Il présente une nouvelle série d’Ashtanga Vinyāsa Yoga « afin de rendre les bienfaits de l'Ashtanga Yoga accessibles à tous, quel que soit leur âge ou leurs capacités. » Cette série aurait été d’abord pensée par Patthabhi Jois puis mise en forme par Sharat.
Selon lui : « la série Active est une version simplifiée de la pratique traditionnelle de l'Ashtanga Yoga, accessible à tous. »
La pratique de cette série respecte les principes de la méthode de Pattabhi Jois.
Je propose cette série pour les personnes qui pratique depuis suffisamment de temps pour connaitre la première série, avec éventuellement, des adaptations.
Cette série permet de continuer à pratiquer régulièrement, en respectant ses propres limitations, sans être enfermé.e dans la première série. Il me semble nécessaire, pour la plupart des pratiquant.es d'assez rapidement, équilibrer la pratique en intégrant des postures de flexions vers l'arrière entre autres.
Cette série peut (et doit) être adaptée selon les capacités et empêchements de chacun.e. (En jaune des exemples d'adaptations non exhaustives)